LA GRÂCE DE LA TORTUE
- compasegure
- 22 août 2025
- 2 min de lecture
Ou comment je n’ai pas réussi à rater ma vie
De et avec Anne Touati
Théâtre de l’Orage
Mise en scène Laurence Labrouche
Qui suis-je ?
Quête d’identité, recherche de l’origine, d’où viens-je ? où vais-je ? Même un ludique nez de clown ou les tentatives insistantes d’une psychanalyste sans doute chevronnée ne parviendront à faire diversion : Tita est écartelée entre douze versions plausibles d’elle=même, ne trouvant pour seule solution susceptible d’apaiser son mal être que de jouer successivement tous les rôles qu’elle pense lui incomber…
C’est donc un clown triste qui se présente devant nous, entre une mère possessive qui l’étouffe au lieu de l’élever, qu’elle imite comme elle peut et donc mal, prenant sa place au lieu de la lui laisser, la caricaturant forcément puisque n’étant pas elle, s’interrogeant sans cesse sur ce qu’elle fait là, totalement perplexe face aux aléas de la vie.

Seule en scène, entourée d’éclats de lumière, de paravents amovibles aux vives couleurs changeantes, parfois interrompue dans son soliloque par quelques vidéos d’appoint parlant encore d’elle, Anne Touati se cherche, a du mal à se trouver…
Jusqu’à ce qu’enfin, visiblement épuisée par un tel effort d’introspection vaine, elle décide d’en rire, ou de s’en moquer. « La boucle est bouclée », déclare t’elle, « écoute ta part positive, solaire. Oui, c’est moi ».

Enfin ! La voilà apaisée, presque joyeuse ! Même si, ce soir-là, sa diction fut incertaine, souvent feutrée, et que nous n’avons pas tous saisi sa main tendue, il n’en reste pas moins vrai que nous avons vu une comédienne à l’œuvre, nous proposant de partager ses émois, ses chagrins et pourquoi pas ses joies ? Elles n’affleurent qu’à la fin, mais elles sont bien là et son nez de clown nous le dit bien.

Véronique Blin
Photos : Marie-Laure Chevalier





















Commentaires