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Je ne suis pas Johnny

  • il y a 4 jours
  • 2 min de lecture

Compagnie TOSCA


Texte et Jeu : Guillaume Marquet

Mise en scène : Guillaume Marquet et Nathalie Sandoz


 Certes… , mais quel sublime voyage !


« La vie privée qui devient publique, c’est très difficile ». Matérialisée par deux barrières métalliques, de celles que dépose la police pour éviter les débordements de manifestations houleuses, la vie de Johnny que nous propose d’explorer Guillaume Marquet est à l’image de cette séparation inéluctable entre une idole et ses fans : 80.000 personnes au Stade de France face à un homme seul, mais au succès planétaire.

Ces deux barrières accompagneront le spectacle de bout en bout. Tantôt triomphant devant, à pleine voix, tantôt accroupi derrière, comme puni, en tout cas timide et submergé par la foule qui le porte aux nues.

« J’ai eu ma Laura avant qu’il ait la sienne ! », s’enorgueillit l’idolâtre, qui voit là un signe supplémentaire de sa dévotion totale à son maître. Faire la queue 48h à l’avance pour avoir une chance de pénétrer dans le lieu saint. En cas d’échec : « Si vous me vendez une place, je vous montre tous mes tatoos, on y voit toute la vie de Johnny ! ». Autre solution : « Acheter plein de places, comme ça, ça fait plus de place pour moi ! ».

Cette folie, cette démesure, Guillaume Marquet en rend compte avec autant d’enthousiasme que de suspicion. Alternant euphorie totale et grands moments de solitude, où le ton est soudain feutré, intériorisé, laissant planer le doute sur ce que ressent vraiment « l’idole des jeunes ».

Ces moments sont magnifiques, d’une sensibilité extrême et l’on comprend la joie infinie de ce jeune fan : « J’ai ses 778 concerts en tête et je le suivrai jusqu’au bout ! ». Même sous la pluie… Ce 4 septembre 1998, pour ce concert historique, des trombes d’eau s’abattirent sur le mythique Stade de France et, n’en déplaise à Jean-Claude Camus, son producteur, « si on annule, Verdun à côté, c’est un gâteau d’anniversaire ! ».

Face à l’adversité, pourquoi ne pas convoquer Maurice Chevalier et ses claquettes ou Gene Kelly et son fameux « Chantons sous la pluie » ?

C’est tout cela que Guillaume Marquet passe en revue, et quelle revue ! Bondissant ou accablé, on le sent touché au coeur par cette star incontournable. Et lorsque son idole s’éloignera pour de bon, « j’ai de la haine, j’ai de la peine, impossible de me consoler… ». Nous aussi, en quittant ce duo magnifique, fûmes inconsolables… Guillaume/Johnny, au revoir et à très vite sur les planches du Théâtre Vivant !


Véronique Blin

Photos: Marie-Laure Chevalier et Pierre Richard


 
 
 

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