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Apéro-théâtre - "LE NERVEUX DU RABOT"

Ban(c) Public...


Patrick Chevalier et Hubert Reys auraient-ils été mis au "ban" de la société au XIIIe siècle s'ils avaient osé défier le grand Diderot et son "neveu de Rameau" par leurs facéties visionnaires, transplantant au XXIe des réflexions d'ordre sociétal ou politique, lesquelles, déjà à l'époque, avaient fait grand bruit...? Sans doute pas tout-à-fait le même qu'aujourd'hui... Les deux compères complices s'en emparent à leur façon, tous deux assis sur un banc de square et discrètement planqués derrière leur journal respectif, multipliant les comparaisons de situations ou déclarations aussi étonnantes que justes, sous la forme de gags plus ou moins appuyés, ou de clins d'oeil malins à nos absurdités contemporaines, en l'occurrence ciblées dans un joli coin des Corbières... Il faut dire que sur un banc public, tout peut arriver...

A commencer par la couardise caractéristique de certaines décisions un peu molles qui consistent à louvoyer et à se laver les mains de situations un brin compliquées : "Laissons les choses se faire...je pourrai toujours me dérober si elles me déplaisent...".

Pendant une demi-heure, nous louvoyons dans la satire en leur compagnie, se congratulant mutuellement ou s'opposant avec virulence : "Mettre en doute une décision prise par le pourvoir ? Vous m'étonnez, mon cher, résister à la rue témoigne d'un grand sens de l'Etat et de courage en politique !".

Viennent s'encastrer dans ce déballage salutaire quelques réflexions strictement locales et circonstancielles, entre hommage viticole régional et consternation d'ordre judiciaire... "Quoi ! De la piquette, Le Fitou ? Plus loin : "Vive la liberté qui est la nôtre, dans l'ordre, l'o.r.d.r.e, l'ORDRE !". Parlant des étranges chaussures jaunes de l'un d'eux : "ça se vend, ça ? - Oui monsieur, 8euros au SPAR !".

Entre deux gaudrioles, il y a plus grave, qui n'aurait sans doute pas échappé à l'encyclopédiste auteur... "Il était une fois un théâtre, aussi innocent que malheureusement condamné"...

Gageons qu'au-delà d'un PPRI finalement décrété en zone inondable après avoir été initialement validé... les Compagnons de Ségure sauront rebondir et "forger" une nouvelle aventure, ou pour le moins poursuivre la leur, faite d'utopies, peut-être, mais de ces utopies-là, magnifiques, le monde d'aujourd'hui a cruellement besoin, tout comme celui de Diderot, en son temps : "Un jour, peut-être, vous me remercierez d'avoir éclairé votre conscience"...


Merci au Théâtre de Ségure et Vive l'utopie créatrice.

Véronique Blin

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